10 octobre 2009
Les colliers de perles s'ennuient le dimanche...
Avez-vous vu sautiller, le dimanche, ces vieilles dames enchapeautées, tenant entre leurs doigts, serré comme l’anneau de la félicité, le bolduc coloré de la petite boite des gâteaux qu’elle viennent d’acheter ?
Elles ont revêtu leurs plus beaux habits, ceux qui dans l’armoire, sentent la naphtaline, et, sortant de l’église, se rendent chez l’une ou l’autre oublier pour un temps la morne solitude.
Elles parlent, elles parlent, elles portent en elles la frayeur d’avoir oublié les mots, ceux qui disaient « aimer », ceux qui disaient « c’est beau ! », ceux qu’elles murmuraient et ceux qu’elles retenaient en elles, comme des joyaux enchâssés dans leur cœur trop gros.
Elles ont mis leur collier de perles blanches, celui des grandes occasions, leurs cols sont empesés et leurs talons usés claquent sur le pavé.
Vous vous êtes retournés, elles sont trop apprêtées ?
Vous avez oublié les dimanches passés, ceux du repas familial pris au jardin l’été, chez une grand-mère dont c’est la seule clarté !
Elles, leurs compagnons ont quitté le chemin.
Alors, elles marchent seules, ne pouvant faire demi-tour, elles vont droit devant, s’accrochant à l’amie, la voisine ou la sœur, faisant semblant de croire que, battant sous le chemisier repassé, elles ont encore un cœur.
Elles entendent moins bien. Au début, elles d’accrochent, restent dans le peloton et s’évertuent à suivre toute conversation. Mais, peu à peu le pas se fait plus lent, la parole se cherche et lorsqu’enfin le mot juste est sur le bord de leurs lèvres fardées, il y a bien longtemps qu’on ne les écoute plus !
Elles restent là, sur le côté et regardent passer tous ceux qui espèrent encore gagner !
Fantômes entrevus par un matin de juin, elles me renvoient l’image de la photo future, celle que je ne puis encore vous décrire, celle dont je ne sais rien.
Extrait de mon livre : "L'album Photo" éditions THOT
08 octobre 2009
Photos prises lundi matin ....par l'auteur
Cllarisse aussi aime Préfailles
... et Iris ?
Que Préfailles soit...et Préfailles fut!
Vogue sans galère
Tous les voiliers de ma mémoire
Ont largué les amarres.
Ils ont heurté des horizons
De plomb !
Se sont perdus et sabordés
Dans l’océan de mes pensées.
Où est mon bleu ?
Je l’ai tacheté
De gros nuages en « pâtés » !
J’aurais voulu le préserver
Mais, dans ma tête, il s’est dilué.
Je vois un quai, un paquebot,
Un couple souriant et beau.
Mais, qu’ont-ils fait de leur voyage :
Un naufrage !
Pourtant au cœur de leur idylle
Ils ont accosté sur une île
De leurs amours sur la plage
Sont nées deux barques paisibles et sages.
A leur tour, elles ont pris la mer
Et la vague d’oubli amer,
Les a conduits vers le grand large.
Dieu, gardez les des orages !
les pas de la femme dans ceux de l'enfant!
Passé et présent, Préfailles certainement
C’est un échassier bizarre…
Battu par la vague grise qui expire en soupirant sur le sable, il tient bon
sur ses poteaux écartelés.
Son filet amarré à un bras qui se tend, tangue sous le vent qui hurle à
la tempête.
Le soleil timide s’est emparé du moutonnement de la mer pour l’éclairer
d’autant de lucioles blanches et vaporeuses qui vont et viennent sous la houle.
La petite cabane de bois, repeinte de blanc, se prend pour un château fort
qui subirait l’assaut des éléments déchaînés. Elle tangue et se défend,
la bise la pourfend et ses planches vacillent. Elle tient bon pourtant !
A ses pieds les algues, tapis errant, sont renvoyées au large,
happées par des rouleaux conquérants. Tandis que les oiseaux,
ultimes assaillants, planent et geignent en la contournant.
Je n’aime guère les cartes postales…sauf celles que je reçois…évidemment !
Je prends mon petit déjeuner et, pour vous j’ai
« photographié » et archivé dans ma mémoire reposée.














